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La Période Bleue



La Période Bleue

Sur la ville souffle coupé le vent
de la poussière industrielle
indomptée crinière épiphanique
un cheval apparaît sa beauté sauvage
à l'affût de l'écoute
certains liens vont se nouer
des angoisses qui m'enserraient
à brasser l'air des milliers d'heures
l'âme est voyageuse pourtant
en marche d'ailleurs reconnue enfin
l'excursion sainte d'un atelier
apportant l'indispensable oxygène
puisque demeurer ici nous est impossible
entre l'appel et l'élection

gravité du visage tendu
mendiant aux passants de l'argent pour manger
l'infirme devant le supermarché
en souffrir inouï sous l'offense
silhouettes à l'arrêt quand le soir
ils sont livrés à leur propre cupidité
furtive énumération revenir
peut-être les villes éloignent à jamais
de l'avoir vu là-bas
avoir lu dans le livre
que le montent à cru
ceux qui croient
ce serait une chevauchée
royale anachronique
avant l'apocalypse

les travailleurs se sont éteints
l'argent rugit
la rue est rouge
presque pourpre
l'alcool en filets d'or et de sang coule
les moteurs retournent à l'inertie
dans le silence qui fascine
la rue est noire et l'ombre bleue
des enfants qui s'endorment
sur la mantille agenouillée
une vielle borgne
d'une intouchable pauvreté
une sœur en guenilles
pour un peintre pose
son châle avec pudeur

si l'animal chétif veut vivre
inatteignable salve
frôler la peau dans son sommeil
touché la peur partir
au matin de l'exil
des chevaux paissent libres
sur le sol des sabots exaucent
au galop des rêves dansés
le souffle des naseaux transporte
les muscles saillants des robes équestres
à son comble l'effroi
remis à l'étonnement
la beauté préservé du monde
dans la langue en attente

sur la jetée froide des nuits
le déferlement des villes entendent
du mont étendre le dict
l'écoute en gratitude
humble est la puissance qui œuvre dans la lettre
la parabole créatrice
la parole donnée aux offensés
qui confiants remettent
à la grâce crucifiée du Christ
la langue retrouvée du temps
de la volupté où la horde chôme
si la splendeur se distancie
des mots d'amours qui l'ont reprise

de bas néons tamisent les ruelles
les flaques brillent le feu des huiles
les bras de verre se font enjôleurs
bouge l'immersion hallucinée sa fougue
des milliers d'un soir réconforte un ami
l'alcool que j'oublie avoir combattu
un cheval dans l'azur où tout est destinal
de l'aube poignent les lueurs amniotiques
au lac des ablutions lavent le matin
à la terrasse d'un café encor ébahi
les passants par Pentecôte délivrés semblent
les discussions prolonger dans la cuisine
au visage de la faiblesse est apportée
la mémoire par cette eau vivifiée

la puissance la volonté au jour données
l'énergie dans les entrailles préparatrices
cisèle attentive la dentelle sonore
mais la venue est certaine comme l'aurore
détient les pimprenelles épineuses
devant la parole l'animal avance
le col abaissé que tu puisses monter
sur la steppe acméiste ivre d'espoir
sans bride en l'air portée
par la liberté d'aller où tu veux
laissant accomplir sa médiation
la langue dans son rapport conjugal
avec ce qui n'est pas



Une étincelle

1

Le point silencieux du i
descente infinie
effusion du ciel

par le trait couché
instaurant l'étendue
rupture de l'horizon infini

la multiplication des pains
de l'être par la parole
à perte de vue

s'il n'est pas bon
de rester seul
dans la Nuit consentante
quand se dispute tes faveurs
le vent et son contraire
le fameux vent mauvais
malgré la réquisition de force
l'instinct d'amour transgresse
tout pour s'unir à l'autre
réponse infinie