Les Prédilections
L'Édito
De l'éthique
Écrire de grandes diatribes moralisatrices et dans le même temps se laisser aller aux pires turpitudes, revient à se moquer de ses lecteurs.Tant qu'à être complaisant envers soi, éviter de faire la morale aux autres.
De surcroît, si mêmes les adeptes de préceptes moraux ne sont pas en mesure de les mettre en pratique, peut-être sont-ils simplement erronnés ou inadaptés. Bien jolis mais irréalistes pour le commun des mortels.
Il y a aussi une faute de goût, disons-le, des lecteurs qui ne sentent pas le parfum de fraude se dégageant inévitablement de ces auteurs inconsistants; certains étant, il est vrai, d'habiles dissimulateurs. Guère plus.
L'éthique ne réside pas dans les propos d'un texte, aussi édifiants soient-ils, mais dans l'accord entre le dire et le faire. Le lancinant hiatus entre l'auteur, sa vie et son œuvre.
Par conséquent, le fameux « faites ce que je dis, pas ce que je fais », peut être vu comme un indicateur fiable d'une (non) réalisation éthique individuelle. Et le Marquis de Sade comme plus vertueux que certains clercs aux mains balladeuses.